Décryptage : Scénarios RTE « Futurs énergétiques 2050 »

RTE a publié en juin (soit à peu près au moment de la parution de notre précédente newsletter) la première phase de l’étude « Futurs énergétiques 2050 » avec 6 scénarios envisagés pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Julien Marchal, animateur du groupe des experts environnement de LREM et ancien conseiller d’Emmanuel Macron au ministère de l’économie, analyse pour nous les principaux points à retenir de ces scénarios.

Les scénarios RTE constituent une base de réflexion objective inédite pour soutenir les choix politiques sur l’évolution du mixte électrique.

– Tous les scénarios démontrent un besoin massif d’investissements dans de nouveaux moyens de production, pour remplacer les réacteurs nucléaires des trente glorieuses -> fort enjeux industriels pourvoyeurs d’emplois.

– Dans tous les scénarios la production d’électricité par des moyens fossiles (charbon et gaz) devient marginale, confirmant l’excellence française pour produire de l’électricité décarbonée depuis un demi-siècle.

– Dans tous les scénarios, la quantité d’énergies renouvelables à déployer est très importante, y compris dans les scénarios où la part du nucléaire reste proche de 50%.

– l’éolien en mer est l’énergie renouvelable la plus importante en 2050 en termes de production en MWh dans les scénarios “médians” -> ce point soulève un sujet d’acceptabilité d’une part, avec sans doute la nécessité de réaliser des parcs de grandes taille loin des côtes pour être moins visibles; et un sujet industriel d’autre part car s’il n’y a pas d’acteur français d’envergure dans l’éolien en mer, les leaders mondiaux du secteur ont déjà des usines en France.

– Les scénarios multiplient par 2,5 au moins la quantité d’éolien terrestre par rapport à aujourd’hui -> ce point soulève un sujet d’acceptabilité important compte-tenu du clivage politique actuel sur l’éolien terrestre. Rappelons à ce titre que 3 français sur 4 soutiennent le développement de l’éolien terrestre.

– L’électricité solaire voit sa proposition augmenter le plus (à minima x7 par rapport à aujourd’hui et jusqu’à x21) -> plus qu’un enjeu de baisse de coût, il s’agira surtout d’arriver systématiser l’installation de panneaux solaires sur les toits. La proportion de centrales au sol n’est pas indiquée, mais la gestion des conflits d’usage et d’artificialisation des terres agricoles et naturelles devra être très sérieusement encadrée.

– Globalement, les scénarios RTE confortent la politique menée une décennie : (i) accélérer le déploiement de toutes les énergies renouvelables avec une grande attention sur les enjeux industriels et d’acceptabilité; (ii) préparer le nouveau nucléaire pour des prises de décision vers 2025; (iii) mettre le paquet sur l’efficacité énergétique et l’électrification des usages; (iv) traiter au niveau européen le problème des fuites carbone, soutenir la réindustrialisation et définir l’architecture de marché favorable aux investissements décarbonés.

A suivre durant l’automne et la parution des analyses détaillées de RTE.

Julien Marchal

Julien Marchal vient de publier son livre : “L’humanité au tournant, Pour un nouveau contrat social” aux éditions Point d’Orgue :

https://editionspo.fr/livre/b-lhumanite-au-tournant-b-br-i-pour-un-nouveau-contrat-social-i

 

https://www.rte-france.com/actualites/bilan-de-la-phase-6-scenarios-pour-letude-futurs-energetiques-2050-6-scenarios-neutralite-carbone

https://twitter.com/rte_france/status/1424751318850281473?s=20

2 réflexions sur “Décryptage : Scénarios RTE « Futurs énergétiques 2050 »”

  1. herve de saint meleuc

    Monsieur un scenario dépend beaucoup des données que l’on y injecte :
    etes vous sur que baisser la part du nucléaire à 50 % est encore la bonne solution? vraiment ?
    ! Baisser la quantité de co2 est notre objectif ! Pas de l’augmenter en créant de nouvelles énergies intermittentes inutiles tout le temps ou nous n’aurons pas les systèmes de stockage correspondants.
    C’est la double punition pour les plus modestes un investissement inutile et cout de rachat de l’électricité plus élevé que le prix de revient moyen français.
    Travaillons sur l’hydrolien pour une France second territoire marin du monde.
    Dès que des moyens de stockage existeront (batteries sédentaires ou batteries voitures ….) alors oui nous pourrons y aller!!! Jean Marc Jancovici ou d’autres vous le démontre chiffres à l’appui . je vous mets au défi d’apporter une contradiction chiffrée en face de ce qu’ils disent.
    Avec le président nous avons plein de projet qui nous obligent à être très exigeant sur nos choix .
    l’Ideologie n’est plus une option si elle s’oppose à la réalité des chiffres
    Je vous remercie d’avance pour vos commentaires

  2. Bernard Garrigues

    Bonjour
    L’expertise de 14 000 publications me paraît être une aberration scientifique .
    En effet , on y trouve tout et son contraire .
    Pour prendre un seul exemple celui de l’éventuelle nocivité du glyphosate on y croisera les travaux de Séralini qui ont été totalement anéantis par la communauté scientifique .

    Dans des disciplines comme la physique ou la chimie , ceux qui votent pour la désignation du Nobel ne prennent en compte que trois paramètres :
    Les publications dans Nature
    Les publications dans Science
    Le facteur H .

    Pour aborder votre sujet , moi je me serais appuyé sur la publication de Nature en date du 9 septembre 2021 dont voici un rapide résumé .
    Pour limiter le réchauffement à +1,5 °C, une grande partie du gaz, charbon et pétrole devrait rester dans le sous-sol.

    Les chercheurs de l’University College de Londres estiment que près de 60 % des réserves actuelles de pétrole et de gaz et 90 % de celles de charbon devraient rester sous terre d’ici à 2050.
    Les États-Unis, la Russie et la Chine possèdent notamment de gigantesques réserves de charbon, l’énergie fossile la plus émettrice de dioxyde de carbone.
    Les auteurs de l’étude considèrent ainsi qu’au niveau mondial, les consommations de pétrole et de gaz doivent chacune diminuer de 3 % par an jusqu’en 2050

    Pour avoir une chance de limiter en 2100 , le réchauffement climatique à 1, 5 °C il ne faudrait pas émettre 50 Gt de CO2 , soit 10 ans de consommation actuelle d’énergie fossile

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